Lamotte.
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L AMOTTE (Pierre-Gilbert GOURLIEZ, dit), né vers 1744, acteur forain et entrepreneur de spectacles, était frère d'un directeur de troupes foraines qui a joui d'une certaine célé­brité, Claude-Pierre Gourliez, dit Gaudon. En 1758, à l'âge de 14 ans, Lamotte possédait, probablement par héritage, sur le boulevard du Temple un petit théâtre de marionnettes qu'il fai­sait diriger par un nommé André Petit. Plus tard, il entra comme sauteur dans la troupe de Nicolet cadet.
L'an 1767, le famedi 2- jour de février, onze heures et un quart du foir, en l'hôtel et par-devant nous, Antoine-Bernard Léger, etc., eft comparu fleur François-Adrien Caftellan, brigadier de la garde de Paris : Lequel nous a dit que, faifant ronde et paffant rue du Four, vis-à-vis la rue Princeffe, ayant entendu crier au guet, il s'y eft à l'inftant tranfporté, et étant arrivé au lieu d'où provenoit le bruit, il y a trouvé deux particuliers qui ont dit audit Caftellan qu'un particulier à eux inconnu venoit de les maltraiter, caffer l'épée d'un d'entre eux et volé leurs chapeaux à l'un et à l'autre. Pourquoi ont lef-dits particuliers requis ledit fleur Caftellan d'arrêter ledit particulier à l'effet de le conduire par-devant nous; comme de fait ledit fleur Caftellan l'a arrêté comme il fuyoit avec ladite épée fous fa redingote, et conduit par-devant nous en notre hôtel pour être fait et ordonné ce que dc raifon.
Signé : Castellan.
Sont enfuite comparus par-devant nous, les fieurs Pierre-Gilbert Gourliez dit Lamotte, fauteur chez le fleur Nicolet le jeune, demeurant à Paris, rtie des Cannettes, chez le fleur Delplace, maître perruquier, et fleur François Molliex, muficien chez le fleur Nicolet le jeune, demeurant chez ledit fleur Delplace, fufdite rue'des Cannettes, paroifle St-Sulpice: Lefquels fe font plaints contre ledit particulier arrêté, et nous ont dit que, fortant de faire leur répétition chez ledit Nicolet, une femme à eux inconnue les a abordés en leur difant : « Voulez-vous vous amuler un inftant ? Montez chez moi ! » A quoi lefdits particuliers ont répondu : « Allez-vous-en I » Qu'enfuite un particulier à eux inconnu s'eft avancé vers eux et leur a demandé ce qu'ils vouloient à cette femme. Sur quoi ledit fleur François Molliex a demandé audit parti­culier arrêté quel intérêt il prétendoit y prendre ; que c'étoit une femme qui les attaquoit. Qu'à l'inftant ledit particulier arrêté a traité les plaignans de poliffons et leur a dit qu'il leur donneroit cent coups. Que les plaignans, pour éviter l'efclandre qu'ils prévoyoient, fe. font prudemment éloignés dudit particulier, lequel les a fuivis jufque dans un café où ils alloient, rue du Four. Que les plaignans, voyant bien que ledit particulier ne les fuivoit qu'à deffein de leur chercher difpute, font fortis dudit café. Que ledit particulier, voyant